L’homme de lettres nigérian, Prix Nobel de littérature en 1986, appelle à « ne pas baisser la garde » face aux régimes militaires, aux « petits tyrans » et au fondamentalisme religieux.
Les tigres ont fait sortir le lion du bois. Fin février, le Prix Nobel de littérature (1986) Wole Soyinka a quitté son domaine verdoyant d’Abeokuta, au Nigeria, pour apporter son prestigieux parrainage aux « Tigritudes », un cycle de cinéma panafricain mis sur pied par les réalisatrices Dyana Gaye et Valérie Osouf et présenté durant six semaines au Forum des images, à Paris. Le nom du festival est une référence directe à l’une des saillies les plus fameuses de l’écrivain nigérian. « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore », avait-il ironisé en 1962, répondant à une question sur le concept de « négritude » porté alors par Léopold Sédar Senghor, Léon-Gontran Damas et Aimé Césaire.
Six décennies plus tard, Wole Soyinka, 87 ans, crinière blanche et regard pétillant, croit plus que jamais à l’importance d’une parole agissante. Dramaturge, metteur en scène et acteur lui-même, ce fils d’une commerçante et d’un pasteur et directeur d’école, né dans une famille yoruba, a plus d’une fois payé son militantisme contre le colonialisme puis le pouvoir nigérian par des emprisonnements et des périodes d’exil. Ce qui ne l’a pas empêché d’exercer toujours avec acuité son sens critique de citoyen….(Le monde.fr)