Au Liban, les artistes peinent chaque jour un peu plus à vivre de leur passion. Les plus chanceux ont choisi l’exil, ceux qui restent tentent de survivre, malgré la crise économique et politique sans fin. Autrefois reconnue dans le monde entier, la scène musicale libanaise s’éteint à petit feu. Mais certains continuent d’y croire. Des associations offrent aujourd’hui des cours de musique aux plus démunis.
C’est une école de musique d’un village de montagne, à quelques encablures de la frontière syrienne. Une petite maison enneigée, de laquelle s’échappent des notes orientales. Ici une vingtaine de filles et de garçons s’entrainent plusieurs heures par jour. Ils jouent du violon, des percussions, de l’Oud.
Elyn est Syrienne. Cette jeune violoncelliste vit dans un des nombreux camps de réfugiés de la région. « Ça fait trois ans que j’étudie ici. J’adore cette école, on a vraiment de la chance. J’aime composer de la musique, et j’espère devenir une grande violoncelliste », raconte-t-elle enjouée. « Le problème quand on vit dans une tente comme moi, c’est qu’on n’a pas beaucoup de perspectives. Mais moi, je garde espoir. Sinon je ne serai pas là ! »
Lutter contre le conservatisme
Hiba rêve aussi de devenir musicienne professionnelle. Pour cette adolescente, jouer est avant tout un acte de résistance. « J’ai eu des problèmes avec certaines personnes qui disent que je ne dois pas jouer de la musique. Que les femmes doivent rester dans leurs rôles d’épouse, et ne pas quitter la maison. Mais ma famille me soutient ! »
Leur professeur, Fawaz Baker, de l’ONG action For Hope dispense ces cours gratuitement. Et ne tarie pas d’éloges sur ses élèves. « Tous ces gens-là, ils ont plus de talent que moi, je trouve qu’ils sont vraiment brillants » confie-t-il. « Ils ont des conditions de départs qui ne sont pas très favorables, et, nous, avec la musique, on leur donne la possibilité de gagner de quoi manger. C’est une arme ! »
Car grâce aux concerts qu’ils donnent à travers le pays, beaucoup parviennent désormais à vivre de leur passion et à aider leurs familles. (rfi.fr)