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Salimata Mahamadou, une scientifique exceptionnelle

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« Lorsque je me suis lancé dans le processus, il y avait très peu d’expertise sur nos terres… » explique Salimata Mahamadou qui se définit comme citoyenne du monde. Elle fait partie des scientifiques très sollicités lors des rencontres internationales sur le climat et la désertification.

Aujourd’hui, elle est chef de projets et appui technique pour l’Afrique de l’Ouest et centrale à World Ressources Institute (Institut pour les ressources mondiales). Pour y arriver, elle a su faire face à certaines pesanteurs.

« Lorsque j’ai dit à mes parents que je voulais me lancer dans un doctorat pour vraiment approfondir mes connaissances, ma mère m’a dit : Tu ne vas pas te marier ? Le mari, il vient quand ? Je lui ai dit mais non, ça viendra. Elle m’a dit non, non, non, il faut se marier, une femme lorsqu’elle est trop intelligente, elle n’attire pas les bons hommes. Donc oui, il y a eu énormément de réticence sociale, avant même professionnelle. Des questions comme : pourquoi tu te lances dans ce type d’étude ? »raconte la jeune femme.

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Un parcours remarquable

La jeune Salimata est diplômée de l’université Green Mountain du Vermont aux Etats-Unis. Elle excelle dans un domaine jusqu’à présent réservé aux hommes dans son pays.

« Ma formation de base était l’analyse des images satellites pour vraiment comprendre la dégradation, mais également la télédétection. Comprendre, analyser les images, les traiter pour extraire des informations. J’ai eu à apprendre énormément de matières très techniques, très poussées sur les cycles, sur la télédétection, mais plus sur l’environnement. J’ai eu à apprendre la désertification, la santé des sols » précise t-elle.

Salimata est originaire de Dosso dans le sud du Niger. Le Niger où les adolescents, en particulier les filles, sont sous-scolarisés et confrontés à des contraintes majeures. 76% des filles sont ainsi mariées avant 18 ans, selon l’Unicef.

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Faire la différence

Son penchant pour la science et la préservation des terres a fait de Salimata Mahamadou une femme exceptionnelle, remarquée lors de la COP15 à Abidjan.

« Lorsque je viens et que je parle de nos terres africaines, je parle du côté scientifique, mais je parle aussi du côté culturel. Je connais nos terres, je connais l’histoire de nos terres, de nos défis et j’arrive à ajouter un côté sentimental qui va au-delà de la science. En fait, un côté qui est vraiment humain. Et je trouve que c’est là où j’arrive à faire la différence et à me détacher du lot » explique Salimata.

Avant WRI, Salimata Mahamadou a travaillé au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) où elle a participé à des projets de recherche sur la dégradation des sols dans les zones arides et la restauration des terres à l’aide de technologies de télédétection.

Celle qui se considère comme une citoyenne du monde a grandi dans différents pays africains : le Bénin, l’Egypte et en Ethiopie où elle a passé 12 ans. (dw.com)

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